June 2013

This month I’d like to share these beautiful lines with you. My dear friend the author Claire-Lise Weick wrote it to describe our project Amour explique-moi.

« Ecoutez Ingeborg Bachmann lire ses propres textes et vous serez impressionnés par le ton monocorde de sa diction. La langue pourtant, est puissante.
Nightingale et son ensemble mettent sur ses paroles, les mélodies et la polyphonie qui conviennent. Ils savent recréer les lignes poétiques de l’auteur, les entraîner vers des espaces nouveaux en profondeur comme en dimension. La voix de la mezzo soprane s’élève au dessus de sa tessiture habituelle, elle embrasse les sujets du récit en les magnifiant. Les éléments, l’animalité et une grave humanité parcourent ce qu’il convient bien d’appeler une création autant qu’une recréation.
Chaque morceau, chaque poème, s’arque boute sur les instruments de la formation ; la contrebasse, dans Die Sonne vient comme en une sonate de Bach, attiser, perforer le jour d’une lumière soutenue. Mein Vogel, accomplissement subtil du temps, lové dans la matière de plume et de voile, sublime une appartenance au monde. Les sons, paisiblement, s’enroulent sur une ligne limpide dans le paysage, « quoi qu’il puisse advenir ». La parure instrumentale adhère à l’oiseau, dans la lenteur et la quiétude espérée par un horizon psychique profond. Le saxophone et la voix tissent avec le vibraphone et les percussions un silence nécessaire à l’envol intérieur de l’oiseau, en soi. Les accents mahleriens semblent replacer le texte dans son temps. Ingeborg Bachmann aimait Mahler, elle « y connaissait quelque chose à la composition », « écrire c’est composer » disait-elle à son ami Hans Werner Henze dont elle fut la librettiste d’opéra. La rencontre, fortuite peut-être, de Mahler avec l’ensemble, réussit à nous émouvoir, intimement.
Les tendres battements (pulsations) du vibraphone s’immiscent dans le texte du Nebelland. La voix, ensuite, vient crisser dans la nuit ; l’arbre, la brume et l’oiseau réveillent l’être. De quelle proximité sont faites les amours ? La brume parfois est bouleversée : la percussion, le saxophone, la voix, tout porte à une forme de confusion qui, dans le même temps, éclaire. Le poème comme la composition musicale sont amarrés à une détermination qui mène à l’élévation. «

Nebelland hab ich gesehen. J’ai vu le pays de la brume.

Nebelherz hab ich gegessen. J’ai mangé le cœur de brume.

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